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Chinon voit l'été en rosé !



Les vignerons de l'AOC Chinon souhaitent vous faire partager leur secret, 100 % Cabernet Franc, le plus... fruité : le Chinon Rosé !

Cet été nous vous proposons de chausser des lunettes aux couleurs “Chinon rosé " pour apprécier le farniente et les joies estivales !

Ce blog a pour but, de permettre à tous de s'exprimer sur ce nectar encore confidentiel... alors à vos tire-bouchons, vos plumes et votre originalité pour évoquer, ensemble, dégustations et accords mets et Chinon Rosé.

Découvrez les ambassadeurs du Chinon rosé et participez à notre concours.

2 blogueurs intronisés chevaliers de la Confrérie des Bons Entonneurs Rabelaisiens

C'est une centaine de blogueurs qui, tout au long de l'été, ont participé au Chinon voit l'été en rosé.

Autant dire que la tâche du jury qui devait désigner deux gagnants n'était pas aisée...
Il est bien difficile de comparer et de choisir tant la diversité des blogs, des billets, de la façon d'appréhender, d'accomoder et de de commenter le vin est une vraie source de richesses !

Comme il a bien fallu trancher, le jury, réuni le 10 septembre, a retenu une liste de 5 blogs :
Caroline, du blog Culinotests, n'ayant pas eu la possibilité de se libérer pour venir à Chinon le week-end du 22 septembre, c'est Nicolas de On fait ce qu'on peut et Olif qui ont été reçus le temps d'un week-end à Chinon à la veille des vendanges.

Sous le château de Chinon, dans les "Caves Painctes" que Rabelais évoque dans son œuvre, le grand maître, Pierre Couly, et toute la Confrérie des Bons Entonneurs Rabelaisiens ont eu le plaisir d'introniser les deux blogueurs à l'occasion du Chapitre des vendanges.

Après "amples ripailles et abondantes beuveries", Messires Nicolas et Olif ont fait honneur au Chinon rouge...


... sont devenus d'authentiques Chevaliers de la confrérie des bons Entonneurs Rabelaisiens...


... et ont été vivement félicités par Jean-Max Manceau, président du syndicat des vins de Chinon.


Visiblement, la cérémonie a fait tourner la tête à l'équipe d'On fait ce qu'on peut.

Très professionnel, Olif en a profité pour nous livrer un vrai reportage :
- en commençant par réviser ses classiques,
- en postant un billet sur son blog en direct de la cérémonie,
- en faisant connaissance avec ce bon François Rabelais,
- en racontant en détail son intronisation,
- et en profitant même de son séjour pour découvrir les bonnes adresses chinonaises !

Bravo à nos deux nouveaux Chevaliers ! Bravo aussi, à travers eux, à tous les blogueurs qui ont bien voulu, durant tout l'été, partager leurs impressions à propos du .

Et si l'envie vous dit de continuer à partager vos meilleurs souvenirs de vins de Loire, il ne vous reste plus qu'à participer à la deuxième édition du Wine Blog Trophy organisé dans le cadre du Salon des vins de Loire
(pas toi Olif, tu es tombé dedans quand tu étais petit  ).   

Chinon rosé, c'est trop chou !

Sur le blog Miamourdises, Lauriana a réalisé des mini-choux au saumon pour accompagner sa dégustation du 2006 de .

"Très apprécié", le vin a parfaitement marié ses arômes fruités à la saveur du saumon.

Autour d'un verre de rosé

 

"T'as mis le rosé au frais?", "Et si on se prenait une petite bouteille de rosé?", "Comment ça y a plus de rosé?", "On se sert un petit verre de rosé en apéro?"... ces petites phrases, rien que cela, ça sent l'été. Le vin rosé, je ne sais pas pourquoi mais ça me fait aussi penser à mon papa, pourquoi? parce que mon papa c'est le monsieur qui proposera toujours un verre de rosé et qui en a très souvent une bouteille au frais. Et même que si on dit oui pour le rosé, ben il est tout content! Bref, je ne suis pas là pour vous parler de mon papa mais pour vous faire part de mes impressions sur le Chinon rosé de Pierre et Bertrand Couly.

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Je dois avouer que je n'y connais rien question vin, mais le but de l'opération Chinon voit l'été en rose, orchestrée par Vincent Lapaque, ce n'est pas forcément de donner la parole aux connaisseurs, et je dois dire que c'est tant mieux!
Commençons par la bouteille, qui est assez sobre, l'étiquette couleur argent et l'écriture rose framboise, c'est assez chic et sur une table, cela fait très joli.
Le vin quant à lui a une robe rose, tirant sur le saumon, et c'est peut-être pourquoi j'ai décidé de l'accompagner de mini- choux au saumon.

Mini-choux au saumon
Faire une pâte à choux que vous saupoudrez de thym séché avant d'enfourner.
Une fois les choux cuits, les ouvrir en deux.
Préparer la farce au saumon : émincer 4 tranches de saumon fumé.
Dans un bol, mélanger le saumon émincé, 2 cuillers à soupe de crèmes fraîche et 1 grosse tomate en dés.
Ajouter de l'estragon frais, poivrer légèrement et mélanger.
Farcir les choux de ce mélange.
Réserver au frais.

Dégustés avec un verre de Chinon rosé, ces petits choux prenaient toute leur ampleur. Le mariage des saveurs un peu framboisées du rosé avec le saumon est convaincant.
Ce Chinon est au final très agréable à boire, assez tendre, je dirai même, il a été très apprécié.

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Quant à la seconde bouteille, elle attend sagement la prochaine visite de mon papa pour être dégustée!

Texte et photos : Lauriana, Miamourdises

Chinon rosé pour accompagner un Risotto aux brocolis et gambas

Sur le blog "A vos fourchettes", Mhum a dégusté le 2006 du accompagné d'un Risotto aux brocolis et gambas.
Jugé "frais et fruité", le vin aux arômes de fraise et de pamplemousse s'est très bien marié aux saveurs du plat. Et les photos témoignent du bel accord coloré entre la robe saumon du vin et le rosé et le vert du risotto !

Risotto aux brocolis et gambas ~ Chinon voit l'été en rosé

Il y a quelques temps déjà (oui je sais je suis très en retard...), Guillaume Lapaque m'a proposé de participer au jeu "Chinon voit l'été en rosé".
Nous avons déguster ce rosé du domaine du Raifault avec un risotto aux brocolis et gambas.

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Le rosé étant un vin d'été et c'est donc sous le soleil de la Bretagne que nous l'avons dégusté. La couleur saumon est superbe. Nous avons trouvé ce vin très fruité (on a cru y sentir du pamplemousse et de la fraise) et très frais. Il s'est très bien marié avec notre risotto. La dégustation sera à renouveler !!

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Pour 4 à 6 personnes :

- 500g de brocolis
- 400g de riz à grains ronds
- 80g de beurre
- 1L de bouillon de boeuf
- 1 càs d'oignon haché
- 50g de parmesan rapé
- 400g de gambas
- amandes effilées

Faites revenir l'oignon haché dans une casserole avec la moitié du beurre.
Ajoutez le riz et mouillez petit à petit avec le bouillon de boeuf très chaud. Laissez cuire 10 minutes à feu doux en remuant de temps en temps.
Retirez du feu et ajoutez le parmesan et le beurre restant.
Coupez les tiges du brocoli et enlevez les feuilles, le cuire 10 minutes dans de l'eau bouillante salée. Egouttez et réservez.
Décortiquez les gambas crues et les faire sauter dans une poêle avec de l'huile d'olive.
Incorporez les brocolis et les gambas au risotto, ajoutez quelques amandes effilées, vérifiez l'assaisonnement et servez très chaud.

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Texte et photos : Mhum, A vos fourchettes

Souvenirs d'été vert et rosé

Sur son blog "Chez Omelette", Matildou s'est mise au vert pour déguster le 2006 de . L'occasion de quelques photos magnifiques mais aussi de quelques rappels de base sur les accords entre mets et vins.

Et les "notes de fruits rouges" de ce rosé qui a été jugé délicieux, se sont mariées aux produits locaux : fromage, jambon persillé, saucisson, melon, noix, raisin. En toute simplicité !



Un doux moment rosé dans un paysage vert!

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  Un grand merci à Guillaume Lapaque pour sa proposition! Un moment très agréable !

J'apprécie également la diversité des bouteilles vues à travers les blogs!

Merci à Patrick pour son article délicieux dans Gusto! On trouve même des infos complémentaires ici.
Retrouvez toutes les infos sur le sur son site internet!

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Texte et Photos : Chez Omelette
 

Chinon rosé, ça se boit même en automne !

Comme nous sommes nous mêmes très en retard pour évoquer son billet, on excuse sans problème le retard de Kashyle qui a attendu le début de l'automne pour raconter sur son blog "les délices de Manon", sa dégustation du 2006 du !

Et puis aussi je m'excuse auprès de guillaume de l'opération chinon voit l'été (enfin l'automne pour moi!!!) en rose.....car j'ai bien goûté son chinon, et même que c'était avec ma copine guillemette mais étant en panne d'ordi je n'ai pas pu poster à temps....Du coup je vais faire court: nous l'avons dégusté à l'apéro avec des crackers tartinés de sublime de tomates et de frontina fumée....Petit souvenir d'Italie, connu grâce à Hélène. Il s'agissait d'un rosé de saignée Chinon 2006 de Charles Pain.

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Pour ma part j'ai trouvé le rosé un peu trop franc, fort en bouche. C'est justement ce caractère bien trempé qui a séduit Guillemette....Comme quoi tous les goûts sont dans la nature. Cela reste un vin sympathique à proposer lors d'un apéro d'été ou d'un barbecue.

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Texte et photos : Les délices de Manon
 

Chinon rosé : "tout pour plaire à la cuisine relevée et aux nuances chaudes"

Sur son blog, Passion Culinaire, Minouchka a dégusté le 2006 du accompagnée de "bouchées de poulet au beurre de cacahuètes" et de "tartinade fromagée à l'écrevisse".

Le a "tout pour plaire à la cuisine relevée et aux nuances chaudes" de la cuisine de Minoucka.

entre terre et mer: Bouchées de poulet au beurre de cacahuètes et Tartinade fromagée à l'écrevisse



Bouchées de poulet au beurre de cacahuètes

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4 escalopes de poulet
2 c. à soupe de beurre de cacahuètes
1 c. à café d’ail pilé
2 c. à soupe d’huile d’olive
Sel, poivre noir moulu, gingembre en poudre

Couper le poulet en petits morceaux. Les mettre dans un petit saladier. Ajouter l’ensemble des ingrédients et un peu d’eau. Malaxer à la main ou à la fourchette pour bien faire imprégner les morceaux de cette sauce. Laisser mariner au moins 1 heure ou une nuit de préférence. Faire chauffer un peu d’huile, ajouter les morceaux de poulet et faire revenir jusqu’à ce qu’ils soient dorés. Egoutter sur du papier absorbant, ajouter des pics et servir tièdes ou froids. Déguster en apéritif ou sur un lit de salade en entrée. 

Tartinade fromagée à l'écrevisse

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1 boîte de fromage "La vache qui rit" à tartiner (ou autre de votre choix)
Queues d'écrevisses
1 Echalotte
Aneth fraîche émincée
Une bonne pincée de sel
Une bonne pincée de Paprika fort
Une fine pincée de poivre

Lisser la fromage à tartiner à la fourchette dans un bol, couper quelques queues d'écrevisses puis ajouter au fromage ainsi que le reste d'ingrédients. Bien mélanger, puis réserver au frais avant de servir, décorer avec des écrevisses ou de l'aneth.

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Quand Guillaume Lapaque m'a proposé par mail de déguster du , j'ai accepté après une petite visite sur le blog : http://chinon-rose.com/ qui m'en a réellement donné envie. Cet été "Chinon voit l'été en rosé ", "... produit à partir du Cépage Cabernet Franc. Ce cépage est apprécié pour sa finesse, ses arômes de fruits rouges, d'épices et de fleurs".

Quelques jours après, je reçois non seulement une bouteille mais deux du Domaine de la Marinière , car le rosé se déguste entre amis, une bouteille ça aurait été trop juste ! Nous avons débouché une bouteille bien fraîche pour la savourer en apéritif méli-mélo entre terre et mer. Le a tout-à-fait sa place pour ces deux saveurs bien distinctes. D’une part, des bouchées de poulet relevées au beurre de cacahuètes bien profond; et d’autre part, la douceur du fromage et la saveur de la mer légèrement piquante … Le se marie bien avec l’intensité, la délicatesse et les picotements des plats sans en masquer la saveur. Tout pour plaire à ma cuisine relevée et aux nuances chaudes, il peut à la fois adoucir un plat relevé et relever un plat suave. Nous avons apprécié le consommer frais pour exalter son voile fruité, son taux d’alcool assez important (pour un rosé) fait de lui un bon vin de table ou de cuisson notamment pour déglacer.

Texte et photos : Minouchka, Passion culinaire

"Je ne savais pas qu'il existait du Chinon rosé"

Dans la marmite de Cathy, le "Lune Rousse" 2006 de s'est marié à des coquilles Saint-Jacques fumées, marinées à l'huile d'olive. Pour la plaisir des dégustateurs qui, connaissant déjà les vins rouges de Chinon, pourront ajouter une nouvelle couleur à leur palette gustative !

Réminiscence des vacances : coquilles Saint-Jacques fumées marinées à l'huile d'olive

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En ce moment je cours en permanence, la rentrée, le boulot, le cycle infernal est reparti, et même si je cuisine un peu, j'oublie de prendre des photos ou alors elles sont totalement ratées, voici donc une recette de nos vacances, à l'époque bénie où je savais encore vaguement prendre des photos !

Lors de nos vacances en Bretagne, nous nous sommes pas mal balladés et avons exploré toutes les adresses gourmandes que nous avons pu dénicher, et une de nos découvertes les plus sympas a été faite a été en sortant de la galerie Plisson où nous venions d'acheter mon tableau aux macarons.

Nous avons découvert une petite entreprise de production de saumon fumé, la saumonerie du Loch, encore familiale et nous avons pu y acheter un excellent saumon fumé, et aussi quelque chose que je n'avais encore jamais gouté, des coquilles Saint-Jacques fumées.
Nous les avons dégustées coupées en fines tranches, et marinées dans un mélange d'huile d'olive et de citron, un vrai délice, fait en 5 mn et totalement festif

et nous avons profité de l'occasion pour sortir le vin rosé que l'on nous avait offert pour l'opération "Chinon voit l'été en rose"

Nous connaissons bien les vins de Chinon, mais plutôt les rouges et l'existence de ce rosé m'a plutôt surprise, je ne savais pas qu'il existait du Chinon rosé , et même si d'habitude je ne suis pas fan de rosé (çà a plutot tendance à me donner mal à la tête ) j'ai tout de suite accepté d'y gouter. Pour ma part j'ai eu un AOC Chinon "Lune Rousse 2006", de Frédéric Hardouin.
L'accord était bien trouvé Saint-Jacques en carpaccio et Rosé, çà allait vraiment bien ensemble.
En conclusion, c'est un vin agréable à déguster, que nous avons eu plaisir à boire avec nos saint-jacques.



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Texte et photos : Dans la marmite de Cathy

Chinon rosé : déjà au XVème siècle...

Après l'article de Didier, et celui que Xavier avait publié sur Zevillage, Sophie de Mazenod publie à son tour sur Adverbe un troisième billet à la suite de la dégustation du 2006 de (Domaine du Clos Godeaux).

Et la vérité historique éclate enfin : si Jeanne d'Arc a traversé le pays, de Donrémy jusqu'à la forteresse royale de Chinon, ce n'était peut-être pas seulement pour rencontrer son gentil dauphin.

Peut-être était-elle également venue découvrir les saveurs et les parfums du !

La rencontre de Chinon

Je me souviens qu’il y avait peu de bruit dans la salle du logis. Le feu ne donnait plus ni flamme haute ni crépitement clair. Les immenses tapisseries semblaient absorber tous les sons. Courtisans et seigneurs ne parlaient plus qu’à voix basse. Le cours des conversations était maintenant décousu, suspendu, étouffé derrière le paravent d’une main, d’un gant ou du drap d’un manteau.

Pourtant j’avais commencé le service du vin. J’avais déjà décanté et servi le vin rouge dans des coupes, des hanaps et timbales d’étain ou d’argent. Je réservais toujours les quelques précieuses pièces de verrerie au service d’un vin rosé dont j’aimais particulièrement la couleur et les parfums. Mon travail passait habituellement inaperçu, ce jour là il me semblait qu’on n’entendait clairement que moi : le tintement des métaux et le flot du liquide.

On attendait son arrivée. Pourtant, personne ne s’était rendu compte qu’elle était entrée dans la salle. Je finissais de remplir deux beaux verres d’un rosé rare du Clos Godeaux lorsque j’ai senti son regard fixé sur mes mains. C’est ainsi que j’ai remarqué sa présence. L’assemblée l’a découverte en même temps que moi. Les seigneurs ont reculé d’un pas et se sont resserré en petit groupe compact à gauche de la cheminée.

Je cherchais mon maître des yeux. Je ne voyais qu’un amas de riches étoffes ponctuées d’éclats de métal précieux, de pierreries, de luisances, de perles et de fourrures.

Nullement décontenancée, elle fixa un instant le groupe immobile, fit un pas vers lui puis se ravisa, vint jusqu’à la table où j’officiais et prit fermement les deux verres que je venais de servir.

Un sourire doux, un merci déterminé : c’est ce que j’ai eu d’elle. Elle s’était déjà retournée, un verre dans chaque main, et partait à la rencontre des courtisans. Ils s’écartèrent en silence devant elle. Un seul homme au fond restait immobile et bientôt isolé. Elle s’arrêta devant lui en révérence, lui tendit l’un des verres et but trois traits de celui qu’elle avait gardé.

Tous entendirent sa voix claire :

« Sire, mon Prince, Charles, Dauphin de France, vous êtes vêtu sombre et sobre. Mais je vous vois, vous connais et reconnais, à la lumière de ce vin, comme mon Roi. Comme il sied à un roi de France cette lumière vous revêt d’un manteau royal, clair, lumineux, réchauffé des rayons du soleil du matin. Des éclats d’or, des pétales de rose, la peau des pêches mûres comme autant de joyaux.

Dans les saveurs et les parfums de ce vin je sens ceux du printemps et le l’été qui vont venir : fleur d’aubépine sur les bords de la Loire au mois de mai à Orléans, framboises et cassis de juin sur les rives de l’Yonne, pêche de vigne du plein juillet en Champagne.

Sire, nous suivront pas à pas les parfums du rosé de Chinon jusqu’à juillet, jusqu’à Reims, jusqu’au Sacre. L’éclat ferme de ce vin est la promesse de la paix pour le royaume et de la force pour son roi. Même si je dois verser quelques gouttes de mon sang, rien ne saurait l’assombrir. »

Je sais que Charles et Jeanne passèrent ensuite seuls dans la petite salle attenante pour une entrevue privée.

Moi, j’eu pendant ce temps bien de la peine à étancher la soif des seigneurs présents à cette scène, tant ces paroles les avaient laissé la gorge sèche, tant ils étaient soudain curieux de connaître les saveurs et les promesses de ce rosé de Chinon que j’aimais tant.

9 mars 1429
Récit du grand échanson de Charles VII



Texte : Sophie de Mazenod, Adverbe

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